Dans la tête de Garfieldd - Samedi 9 Octobre 2004

Soutenons GarfielddMa première contribution à la chaîne des billets pornographiques. J’ai choisi ce texte somme toute assez classique pour un blog, nullement provocateur, car il correspond tout simplement à mon humeur et mon quotidien du moment.

Je vous écris du fond de ma ville (Julien Clerc - 1982)

…Y’a d’la fatigue sous mes semelles
Et des paniques toutes pareilles
Vol d’épervier, guerre et néant
Les transistors saignent tout le temps
L’horloge va sonner ses douze coups
J’habite l’attente du hibou
Je vous écris du fond d’ma ville
Où j’ai du mal à faire mon lit
Je suis un passager futile
Un errant d’une mauvaise nuit…

Il y a des jours où j’hésiterais presque à écrire par peur des commentaires. Raconter une fois encore que l’on a laissé filer sa journée, fuir les heures, s’échapper les minutes.
N’avoir même pas pris le temps de lire vraiment, mais avoir feuilleté, tourné deux pages puis reposé le livre.
N’avoir même pas écouté un disque mais seulement sélectionner deux trois titres épars pour “alimenter” mon i-pod, simplement en prévision de vacances futures. Sans se laisser gagner par une ambiance, une voix, un climat musical…
N’avoir même pas regardé une émission, un film, un documentaire, mais avoir cliqué machinalement sur la télécommande, ne faisant qu’effleurer les films, les documentaires, les émissions.
N’avoir même pas fait à manger mais avoir picoré, grignoté, fait un repas déstructuré, ou le fromage, les légumes, la viande ont été mangés au fur à mesure que je les trouvais…
Tout a commencé ce matin, comme d’habitude, quand je me suis habillé avant de passer à la salle de bains… Quitte à me déshabiller deux heures plus tard pour prendre ma douche… Et puis y retourner encore, plus tard, pour se raser et puis finalement non, c’est samedi, je ne me rase pas…

Il a fait gris. Il a plu. Et puis il y a eu un rayon de soleil lorsque j’ai décidé de sortir pour aller faire les courses à l’hypermarché du coin. J’ai vu un accident. Y’avait les flics et une ambulance et des voitures dont les conducteurs obscènes ralentissaient pour voir. Quand je suis revenu, tout était rentré dans l’ordre, n’étaient-ce les traces de freins sur la chaussée qui avait séché.

Puis-je décemment résumer ma journée à ça?
Je n’ai envie de rien, mais cette absence d’envie me pèse.
Je n’ai pas de but, mais cette absence de perspective me pèse.
Il n’y a personne dans ma vie mais cette absence de désir me pèse.
Il n’y a rien à raconter et ce vide me pèse.

Demain sera un autre jour. Je sens que je peux déjà l’imaginer…


Garfieldd, le Samedi 9 Octobre 2004 à 21:34

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